Lundi 28 octobre 2024 – Dans la nuit de dimanche à lundi, le groupe jihadiste Boko Haram a mené une attaque dévastatrice contre une garnison de l’armée tchadienne dans la région du Lac Tchad, causant la mort d’une quarantaine de soldats tchadiens. Ce tragique événement a été confirmé dans un communiqué de la présidence du Tchad.

Le président Mahamat Idriss Deby Itno s’est immédiatement rendu sur les lieux de l’attaque, située sur l’île de Barkaram, à l’ouest de Ngouboua dans le département de Kaya, proche de la frontière nigériane. Lors de sa visite, il a donné le signal pour l’opération Haskanite, une initiative militaire visant à traquer les assaillants jusqu’à leurs cachettes les plus reculées.
Une garnison prise d’assaut
Selon des sources locales, l’attaque a débuté aux alentours de 22 heures lorsque plus de 200 soldats tchadiens en poste dans une garnison ont été pris pour cible par les membres armés de Boko Haram. Les assaillants ont envahi la garnison, récupéré des armes et incendié des véhicules militaires équipés de matériels lourds avant de battre en retraite.
Le Lac Tchad, vaste étendue de marécages parsemée d’îlots, est depuis plusieurs années un lieu stratégique pour le groupe Boko Haram et l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), une faction dissidente de Boko Haram. Ces groupes jihadistes exploitent la complexité géographique de la région pour se dissimuler et lancer des offensives contre les forces de sécurité tchadiennes et des pays voisins.
La réponse militaire tchadienne et les antécédents d’attaques
En mars 2020, Boko Haram avait déjà mené une attaque d’ampleur sur la base militaire de Bohoma, provoquant la perte d’une centaine de soldats, soit le plus lourd bilan jamais enregistré par l’armée tchadienne. À la suite de cette attaque, le maréchal Idriss Deby Itno, père de l’actuel président, avait initié une vaste opération militaire baptisée Colère de Bohoma pour affaiblir les forces jihadistes dans la région.
Crise humanitaire et déplacements massifs
Les violences perpétrées par les groupes armés dans la région du Lac Tchad ont engendré des déplacements massifs de populations. D’après les données de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) de juin 2024, plus de 220 000 personnes ont été forcées de fuir leurs foyers dans cette province tchadienne pour échapper aux attaques incessantes.
Face à cette nouvelle attaque, le Tchad réaffirme son engagement à lutter contre les menaces jihadistes dans la région, bien que le défi reste immense. L’opération Haskanite, récemment déclenchée, sera cruciale pour restaurer la sécurité dans cette zone hautement stratégique.