Le président de la transition au Niger, le général de brigade Abdourahamane Tiani, a pris une décision choc en privant de leur nationalité plusieurs personnalités proches de l’ancien président Mohamed Bazoum. Le décret signé le jeudi 10 octobre 2024 vise neuf personnes, accusées de trahison et de complot contre l’État, suite au coup d’État du 26 juillet 2023. Ces personnalités, aujourd’hui en exil, voient leur nationalité nigérienne retirée temporairement.

La déchéance de nationalité pour neuf proches de Mohamed Bazoum
Le général Tiani, chef de la junte au pouvoir, a décrété la déchéance de la nationalité nigérienne pour neuf personnalités liées à l’ancien président Mohamed Bazoum. Ce décret, qui marque une nouvelle étape dans la consolidation du pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), vise notamment des figures influentes du régime déchu qui ont refusé de reconnaître l’autorité du CNSP. Selon le communiqué, il s’agit d’une déchéance provisoire, mais ces personnalités sont désormais considérées comme des ennemis de l’État.
Les figures visées par la mesure
Parmi les personnalités frappées par ce décret, on retrouve des proches collaborateurs de Mohamed Bazoum, dont Rhissa Ag Boula, un ancien ministre d’État et chef historique des rébellions touarègues des années 1990 et 2000. Après le coup d’État, Rhissa Ag Boula avait fondé un Conseil de résistance pour la République, une initiative visant à contrer le CNSP. Depuis, il s’est exilé en France.
Les généraux Abou Mahamadou Tarka et Karingama Wali Ibrahim, deux autres figures du régime Bazoum, sont également concernés. Tous sont actuellement en exil, mais cela n’a pas empêché la junte de les inscrire sur une liste de personnes suspectées de terrorisme et d’atteinte à l’autorité de l’État.
Accusations de trahison et de complot
Le communiqué officiel du CNSP accuse ces neuf personnalités d’« intelligence avec une puissance étrangère », de « trahison » et de « complot contre l’autorité de l’État ». Elles sont également soupçonnées de mener des activités susceptibles de compromettre la paix et la sécurité publique au Niger. La gendarmerie les considère comme « en fuite » et a diffusé un avis de recherche à leur encontre.
Un contexte politique tendu
Cette décision intervient dans un contexte de forte tension au Niger, où la junte au pouvoir cherche à asseoir son autorité face aux tentatives de résistance du régime précédent et à la pression internationale. Le retrait de la nationalité nigérienne à ces figures de l’ancien régime est un signe clair de la volonté du général Tiani de consolider son contrôle sur le pays et de neutraliser toute opposition.