Malgré la persistance des tensions entre Niamey et Cotonou, le pétrole nigérien continue de circuler vers le Bénin, au grand bénéfice des deux nations et de leurs dirigeants, Patrice Talon et Abdourahamane Tiani.

Les exportations pétrolières se poursuivent
En ce mois d’octobre 2024, un quatrième navire, le Front Coral, est amarré à la plateforme de Sèmè-Kraké au Bénin, prêt à charger une nouvelle cargaison de brut nigérien. Ce chargement, qui a commencé le mardi 8 octobre, marque la quatrième opération depuis la mise en service du pipeline reliant le Niger au Bénin.
Rappelons que le 26 septembre 2024, un autre tanker, le Samsara, a accosté à ce même terminal pour embarquer une cargaison destinée à l’exportation. Ce navire, battant pavillon libérien, a quitté le terminal deux jours plus tard, prouvant que les exportations continuent malgré les récents soubresauts diplomatiques.
Retour sur la crise diplomatique
En mai 2024, suite à une crise entre les deux pays, le Bénin avait imposé un embargo sur l’exportation du pétrole nigérien. Cependant, cette restriction a été levée à la faveur d’un accord entre les deux États, permettant ainsi la reprise des opérations. Ce revirement diplomatique a été facilité par les médiations des anciens présidents béninois, Boni Yayi et Nicéphore Soglo, démontrant l’importance des intérêts communs pour surmonter les divergences.
La situation s’était tendue à nouveau en juin, avec l’arrestation de cinq ressortissants nigériens pour entrée illégale sur la station terminale de Sèmè-Kraké, un incident qui avait momentanément suspendu les exportations. Néanmoins, la reprise des activités montre que les deux nations ont su préserver leur coopération énergétique.
Une coopération bénéfique pour le Bénin et le Niger
Malgré la crise, Patrice Talon et Tiani ont su mettre en avant les intérêts économiques et assurer la continuité des exportations de pétrole. Loin de l’influence française, ces dirigeants ont prouvé qu’ils pouvaient naviguer dans des eaux diplomatiques complexes tout en préservant la prospérité de leur secteur pétrolier.
L’exportation du brut nigérien via le Bénin reste une illustration des alliances stratégiques qui transcendent les crises diplomatiques. Lorsque les intérêts économiques sont en jeu, comme c’est le cas avec ce pipeline, aucune concession n’est trop grande.