Les États-Unis ont pris une décision qui résonne dans tout l’Ouganda : quatre hauts responsables de la police ougandaise, accusés d’avoir commis des actes de torture et d’avoir infligé des « traitements cruels, inhumains ou dégradants », font désormais face à des sanctions sévères. Washington a annoncé mercredi 2 octobre que ces policiers, ainsi que les membres de leur famille immédiate, se sont vus interdire l’entrée aux États-Unis. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe sur la scène politique ougandaise, notamment au sein de l’opposition.

Des accusations graves contre des hauts responsables de la police
Les responsables mis en cause sont Bob Kagarura, Alex Mwine, Elly Womanya, et Hamdani Twesigye. Bien que les détails précis des accusations ne soient pas dévoilés, Washington a souligné que les faits reprochés aux quatre hauts-gradés étaient documentés par des tribunaux civils, des organisations de la société civile et des journalistes indépendants. Des sources jugées « sérieuses et crédibles » par le Département d’État américain.
Ces sanctions américaines semblent s’inscrire dans un contexte plus large de préoccupations concernant les droits humains en Ouganda. L’opposition, incarnée par Bobi Wine, voit dans cette démarche une réaction directe à la brutalité policière contre Francis Zaake, député de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), qui avait été torturé en 2020 après avoir distribué de la nourriture à sa communauté pendant la pandémie de Covid-19.
L’opposition réagit
Pour Bobi Wine, ces sanctions sont un message clair aux forces de l’ordre. « Ces sanctions nous rappellent une fois de plus que la justice peut tarder à passer, mais qu’elle finira par arriver. Elles rappellent également à tous les officiers de sécurité supérieurs, intermédiaires et subalternes trop zélés qu’ils seront tenus individuellement responsables des crimes qu’ils commettent contre le peuple ougandais », a-t-il déclaré.
À l’époque des faits reprochés, Bob Kagarura était commandant de police dans la région de Wamala, tandis qu’Alex Mwine gérait des officiers dans le district de Mitanya, au centre du pays. Elly Womanya, quant à lui, supervisait les missions de la police et dirigeait l’unité des enquêtes spéciales, secondé par Hamdani Twesigye. Ces quatre hauts-gradés sont ainsi mis en cause pour des abus présumés de leurs fonctions, qui relèvent de graves violations des droits humains.
Des sanctions aux implications diplomatiques
Le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, a précisé dans le communiqué que les proches des quatre responsables étaient également visés par les sanctions. Washington entend ainsi envoyer un message fort sur l’importance de la protection des droits humains en Ouganda et au-delà.
Jusqu’à présent, les autorités ougandaises n’ont pas réagi officiellement à cette annonce. Les sanctions prises par les États-Unis sont un geste symbolique et une forme de pression diplomatique visant à rappeler l’importance de la responsabilité des institutions sécuritaires dans la défense des droits des citoyens.
Une répétition de l’histoire ?
Ce n’est pas la première fois que Washington décide de sanctionner des hauts-gradés d’un pays africain. Ces actions sont souvent motivées par des atteintes flagrantes aux droits de l’Homme, reflétant la politique américaine de refus de tolérer les abus commis par ceux qui détiennent le pouvoir, notamment sur le continent africain.
En Ouganda, ces nouvelles sanctions pourraient susciter des tensions entre Kampala et Washington, alors que l’opposition tente de s’emparer de cet épisode pour dénoncer les pratiques jugées répressives des forces de sécurité locales.
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